Architecture privés et publiques des années 1940, 1950, 1960 et 1970
Affichage des articles dont le libellé est Pessac. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pessac. Afficher tous les articles
Les Maisons en quinconces et Zig-Zag - Cité Frugès - Le Corbusier - Pessac
les « maisons en quinconce » et maisons « zig-zag » sont regroupées par six ou par trois. Elles sont composées d’un modèle de base auquel s’ajoute une travée supplémentaire, située alternativement côté jardin et côté rue, ce qui permet de ménager un espace d’accueil et un chai au rez-de-chaussée, une terrasse-pergola à l’étage.
Maisons type " arcade" - Cité Frugès - Le Corbusier - Pessac
les « maisons à arcades » (rue des Arcades) : sept maisons en bande reliées entre elles par une terrasse couverte d’une voûte plate ;
Maisons "gratte-ciel" Cité Frugès - Le Corbusier - Pessac
Frugés nous avait dit : "je vous autorise à réaliser dans la pratique vos théories, jusque dans leurs conséquences les plus extrêmes; je désire atteindre à des résultats vraiment concluants dans la réforme de l'habitation à bon marché : Pessac doit être un laboratoire. je vous autorise pleinement à rompre avec toutes les conventions, à abandonner les méthodes traditionnelles. En un mot clair; je vous demande de poser le problème du plan de la maison, d'en trouver la standardisation, de faire emploi de murs, de planchers, de toitures conformes à la plus rigoureuse solidité et efficacité, se prêtant à une véritable taylorisation par l'emploi des machines que je vous autorise à acheter. Vous munirez ces maisons d'un équipement intérieur et de dispositifs qui en rendent l'habitation facile et agréable. Et quant à l'esthétique qui pourra résulter de vos innovations, elle ne sera plus celle des maisons traditionnelles, coûteuses à construire et coûteuses à entretenir, mais celle de l'époque contemporaine. La pureté des proportions en sera la véritable éloquence."
Pessac est un peu un roman balzacien. Un homme généreux veut montrer à son pays qu'on peut résoudre la question du logement. L'opinion s'émeut; les jalousies s'éveillent; les corporations du bâtiment, depuis le petit entrepreneur local jusqu'aux architectes, s'inquiètent de nouvelles méthodes qui pourraient bouleverser les situations acquises. Alors, petit à petit une atmosphère d'hostilité se crée. Le village de Pessac a été construit en moins d'une année par une entreprise parisienne qui a remplacé des équipes locales défaillantes. Mais, en 1926 déjà, à la terminaison des travaux, une sourde opposition naissait dans les services administratifs qui devaient acheminer les dossiers vers l'acceptation de la voirie et par conséquent commander l'installation de l'eau dans le village. Alors seulement l'autorisation de louer ou de vendre pouvait être accordée.
Trois ans après, au printemps 1929, les dossiers ne sont pas signés et depuis trois ans, le village est resté vide d'habitants. Pourtant, deux ministres s'en sont occupés personnellement et sont venus visiter officiellement Pessac. M. de Monzie, ministre des Travaux Publics, en 1926; M. Loucheur, Ministre du Travail en 1929. A l'enthousiasme qui avait suivi la visite officielle ministérielle de succéda, petit à petit, l'inquiétude et, après trois ans, la presse dans plusieurs pays écrit que Pessac est inhabitable, parce qu'il est construit sur des principes erronés. Enfin, grâce à l'intervention énergique de M. Loucheur, un enquêteur est remonté à l'origine de cette troublante aventure et a trouvé enfin les causes de la carence de l'eau. Voilà une leçon douloureuse, sévère, à classer dans les annales de l'idée et montrant que les initiatives nouvelles heurtent l'opinion de front et que l'opinion fait la guerre aux idées.
Pessac est conçu à cause du ciment armé. M. Frugès, l'industriel altruiste de Bordeaux, avait dit : "J'aimerais vous permettre d'appliquer vos théories."
Le but : le bon marché.
Les moyens : le ciment armé.
La méthode : la standardisation, l'industrialisation, la taylorisation.
Structure : Une seule poutre de ciment armé (plancher Pima) de 5 mètres, pour tout le lotissement, etc. etc. Division des équipes : chaque équipe exécute le même travail.
Ceci est un exemple d'urbanisation moderne, où les souvenirs historiques, le chalet suisse ou le pigeonnier alsacien ont été laissés au musée du passé. Un esprit dépourvu d'entraves romantiques cherche à résoudre un problème bien posé.
Le but : le bon marché.
Les moyens : le ciment armé.
La méthode : la standardisation, l'industrialisation, la taylorisation.
Structure : Une seule poutre de ciment armé (plancher Pima) de 5 mètres, pour tout le lotissement, etc. etc. Division des équipes : chaque équipe exécute le même travail.
Ceci est un exemple d'urbanisation moderne, où les souvenirs historiques, le chalet suisse ou le pigeonnier alsacien ont été laissés au musée du passé. Un esprit dépourvu d'entraves romantiques cherche à résoudre un problème bien posé.
Polychromie. Un esthète illustre, revenant de Pessac proféra : " Une maison, c'est blanc."
Nous avons donné l'étalon d'appréciation : façades blanches.
Lorsque des lignées de maisons créaient une masse opaque, nous avons camouflé chaque maison : les façades sur rue alternativement brun et blanc.
Nous avons donné l'étalon d'appréciation : façades blanches.
Lorsque des lignées de maisons créaient une masse opaque, nous avons camouflé chaque maison : les façades sur rue alternativement brun et blanc.
Une façade latérale blanche, l'autre vert pâle. La rencontre sur l'arête, du vert pâle ou du blanc, avec le brun foncé provoque une suppression du volume (poids) et amplifie le déploiement des surfaces (extension).
Cette polychromie est absolument neuve. Elle est rationnelle, fondamentalement. Elle apporte à la symphonie architecturale des éléments d'une extrême puissance physiologique.
La conduite concertée des sensations physiologiques de volume, des surfaces, des contours et des couleurs, peut conduire à un lyrisme intense.
Le lotissement de Pessac est très serré. Les maisons grises en ciment faisaient un insupportable amas compressé, sans air.
Le lotissement de Pessac est très serré. Les maisons grises en ciment faisaient un insupportable amas compressé, sans air.
La couleur pouvait nous apporter l'espace. Considérer la couleur, comme apporteuse d'espace. Voici comment nous avons établi des points fixes : certaines façades peintes en terre de sienne brûlée pure. Nous avons fait fuir au loin des lignées de maisons : bleu outremer clair.
Nous avons confondu certains secteurs avec le feuillage des jardins et de la forêt : façades vert pâle.
Extrait de Le Corbusier, Oeuvre complète, volume 1, 1910-1929
Extrait de Le Corbusier, Oeuvre complète, volume 1, 1910-1929
La Cité Frugès - Le Corbusier - 1924
La Cité Frugès - Le Corbusier, à Pessac, dans la banlieue de Bordeaux, est l’un des deux lotissements conçus par l’architecte français d'origine suisse Le Corbusier en 1924 (en collaboration avec son cousin Pierre Jeanneret, architecte également) pour le compte de l’industriel sucrier Henry Frugès. Ce dernier fit aussi réaliser la maison Frugès à Bordeaux. La cité est classée, avec 16 autres œuvres architecturales de Le Corbusier, au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2016.
L’industriel souhaitait loger des ouvriers et fit l'acquisition d'«une vaste prairie entourée de bois de pins, pour y édifier une cité jardin ». Sur le projet initial de 127 maisons, les 51 habitations construites répondent à 7 types différents : zig-zag, quinconce, gratte-ciel, arcade, maison isolée, et jumelles et un dernier type dont l'unique exemplaire fut détruit pendant la deuxième guerre mondiale. Avec leurs toitures terrasses, leurs formes géométriques épurées, leur construction modulaire et la polychromie de leurs façades et leurs fenêtres en bandeau, les maisons furent un laboratoire grandeur nature des idées novatrices de l'architecte.
La maison située 3 rue des Arcades, type arcade inscrite dans un ensemble de sept maisons à la limite ouest du quartier et qui a recouvré son état d’origine, est la première maison à être classée au titre des monuments historiques.
La Ville de Pessac, depuis lors a acquis une maison « gratte-ciel » (située 4 rue Le Corbusier) ; la Maison Municipale Frugès - Le Corbusier, ouverte à la visite et lieu de diverses expositions tout au long de l'année. Elle conserve une maquette de l’ensemble, réalisée par Henry et Christiane Frugès en 1967.
Après une longue période d’oubli, pendant laquelle les maisons furent largement modifiées par leurs habitants3, la cité est progressivement rénovée par ses nouveaux occupants, souvent sensibilisés à l’œuvre de l'architecte et son projet.
Les Quartiers Modernes Frugès de Pessac sont inscrits dans une Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager depuis 1998 : des recommandations architecturales simples assurent la sauvegarde de l’ensemble, tout en s'efforçant de lui conserver son caractère initial de « cité d’habitation populaire »
L’industriel souhaitait loger des ouvriers et fit l'acquisition d'«une vaste prairie entourée de bois de pins, pour y édifier une cité jardin ». Sur le projet initial de 127 maisons, les 51 habitations construites répondent à 7 types différents : zig-zag, quinconce, gratte-ciel, arcade, maison isolée, et jumelles et un dernier type dont l'unique exemplaire fut détruit pendant la deuxième guerre mondiale. Avec leurs toitures terrasses, leurs formes géométriques épurées, leur construction modulaire et la polychromie de leurs façades et leurs fenêtres en bandeau, les maisons furent un laboratoire grandeur nature des idées novatrices de l'architecte.
La maison située 3 rue des Arcades, type arcade inscrite dans un ensemble de sept maisons à la limite ouest du quartier et qui a recouvré son état d’origine, est la première maison à être classée au titre des monuments historiques.
La Ville de Pessac, depuis lors a acquis une maison « gratte-ciel » (située 4 rue Le Corbusier) ; la Maison Municipale Frugès - Le Corbusier, ouverte à la visite et lieu de diverses expositions tout au long de l'année. Elle conserve une maquette de l’ensemble, réalisée par Henry et Christiane Frugès en 1967.
Après une longue période d’oubli, pendant laquelle les maisons furent largement modifiées par leurs habitants3, la cité est progressivement rénovée par ses nouveaux occupants, souvent sensibilisés à l’œuvre de l'architecte et son projet.
Les Quartiers Modernes Frugès de Pessac sont inscrits dans une Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager depuis 1998 : des recommandations architecturales simples assurent la sauvegarde de l’ensemble, tout en s'efforçant de lui conserver son caractère initial de « cité d’habitation populaire »
Inscription à :
Articles (Atom)

