Architecture privés et publiques des années 1940, 1950, 1960 et 1970
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Villa Rue du Président Poincaré - architecte H.M. ROHARD - 1955 / 1959 - Architecture années 50
Non loin du centre actif de Royan, ce projet profite pourtant du calme de l'angle des rues du Président Poincaré et de Saintonge. Coincé dans un des angles de la parcelle, le bâtiment économise le jardin au maximum. La qualité de sa mise en oeuvre est due à l'expression particulière de son soubassement. Alors que l'architecture moderne a pour habitude d'effacer le socle de toute construction afin d'en accentuer la légèreté, l'architecte prend ici le parti d'asseoir l'étage sur un rez-de-chaussée omniprésent. Traité en maçonnerie de pierre, le niveau de plain-pied avec la rue étend son emprise au sol au-delà des limites du parallélépipède de béton qu'il supporte. Par ailleurs le volume de l'étage, coupé en biseau, lance son léger porte-à-faux sur la rue et impose à la façade un étroit retrait qu'elle alloue à un large balcon. À l'origine non bâtie, la dalle de toiture du garage offrait une vaste terrasse au palier des chambres. Outre les baies, somme toute assez ordinaires, la cage d'escalier est repérée en façade par six lucarnes. Cette réalisation, un peu différente des projets royannais de la même époque, est signée par l'architecte local Rohard, pourtant peu investi dans la Reconstruction de sa ville.
Maison de ville - Architecte Marc QUENTIN - 1953 / 1958 - Royan - Architecture mid-century modern
Très proche, par son traitement, du numéro 5 de la même avenue, ce bâtiment tourne pourtant clairement le dos à la rue et à la ville en général. Jouant avec les différences de niveaux imposées par la déclivité naturelle du terrain, l'architecte organise l'habitation sur deux étages principaux. Le rez-de-chaussée, aligné sur la rue, dissimule son entrée dans un astucieux retrait. Un traitement en cul de bouteille en rappelle cependant la présence et offre au hall, un apport de lumière non négligeable. Un jeu de relief anime la façade principale et laisse apparaître un serpentin de béton dont une extrémité constitue le perron. À l'arrière, la verticalité du séjour, due à sa double hauteur sous plafond, est amplifiée par une surprenante fenêtre en longueur. Le volume, amputé par le porche, est rendu par la mise en oeuvre d'une terrasse couverte lancée en porte-à-faux sur le jardin. De petits hublots en ajourent la paroi et filtrent les rayons du soleil. À l'étage, les deux chambres s'organisent autour de l'espace vide du living. L'une d'elles jouit du petit balcon créé par la loggia. Le toit à double pans inversés, que Quentin aime à mettre en oeuvre, n'est malheureusement pas visible, compte tenu de la double mitoyenneté de l'habitation.
Maison de ville - Architectes René BARATON , Jean BAUHAIN & Marc HEBRARD - 1953 / 1958 - Royan - Architecture 1950
Egalement situé dans l'avenue des Tilleuls, ce projet d'apparence plutôt classique a sans doute bénéficié de l'avant-gardisme de son voisinage. En effet, de 1953 à 1958, les principaux noms de l' « École de Royan » prennent simultanément part au chantier de ce quartier. Profitant de la différence de niveau de la rue, par rapport au jardin, cette maison de ville déploie son plan sur trois étages, dont deux seulement sont visibles en façade. Toute la mise en oeuvre de ce bâtiment révèle le changement ambiant des références architecturales. La toiture à double pans, projetée à l'origine, a été remplacée par un toit à pan unique presque imperceptible, puisque dissimulé derrière une corniche de béton. De même, l'identification de la cage d'escalier par une succession de hublots évoque clairement le contexte maritime et naval de la cité balnéaire. À l'arrière, la façade, empruntée aux dogmes modernes, a été reculée et offre aux chambres deux larges balcons. Le trio Baraton, Bauhain et Hébrard, qui compte parmi les grands noms de la Reconstruction de Royan, signe pourtant un projet nettement plus modéré que ceux, voisins, de Quentin et de Marmouget.
îlot 83, 93 N et 115 - architecte Pierre MARMOUGET - 1946 /1961 - Place du docteur Gantier - Royan - architecture mid century modern
La place du docteur Gantier vient borner la vaste opération de planification appelée la « tache verte », qui s'étend de la gare à la Grande Conche. Organisée en demi-cercle, constituée de trois bâtiments semblables et d'un quatrième permettant la jonction avec la cour de la gare, la place a été dessinée pour doter le nouveau Royan d'une porte monumentale et accueillir les automobilistes en provenance de la route de Saintes, au coeur d'un véritable sanctuaire d'architecture moderne. La géométrie utilisée pour ce projet n'a plus rien à voir avec celle de l'enseignement classique des Beaux-Arts. Les façades ont été reculées pour créer des vides destinés à recevoir les balcons ouverts sur la place. La structure porteuse, signifiée par la présence des pilotis, confère ainsi une remarquable légèreté aux bâtiments. Un entresol a toutefois été conservé pour distinguer les commerces des étages d'habitation. Sa position en retrait accentue d'autant l'effet éthéré de l'ensemble. À l'arrière, d'imposants voiles de béton perforés sont accrochés, tels des papillons pétrifiés, devant les fenêtres. Brise-soleil et volets coulissants achèvent le traitement de la lumière. Avec ce projet, sans doute le plus abouti d'un point de vue formel, Pierre Marmouget finit d'affirmer son originalité et son incontestable attachement à l'architecture brésilienne.
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