Maisons art Déco - Parc Lescure - Part 3 - Bordeaux









Maisons art Déco quartier Lescure Part 2 - Bordeaux








Maisons art déco du quartier Lescure de Bordeaux Part 1











Parc Lescure & Stade Chaban Delmas - 1938 - Bordeaux - Raoul Jourde - Art Deco




En 1933, le maire Adrien Marquet décide de construire le nouveau stade. Il s'intègre dans un vaste plan de travaux publics d'architecture Art-déco, incluant la nouvelle Bourse du travail, la piscine Judaïque, le bâtiment de tri postal, ou les abattoirs. Raoul Jourde, l'architecte de l'audacieuse régie du gaz de bordeaux construite en 1933 en est l'architecte.




Comme le précédent, ce nouveau stade est conçu pour être polyvalent comme il était d'usage alors. Il doit également être l'emblème de la ville dans sa vie sportive et dans sa modernité architecturale, comme les stades de la même époque construits dans d'autres villes françaises : Deuxième parc des princes à Paris, Stadium municipal à Toulouse, stade de Gerland à Lyon.

Le projet de Raoul Jourde est audacieux : il souhaite construire des tribunes entièrement couvertes sans aucun pilier pour cacher la vue des spectateurs. Il souhaite pour cela utiliser les toutes dernières découvertes techniques dans la construction en béton. Il imagine des tribunes en double porte-à-faux recouvertes de fins voutains de béton en double cintrage. Le poids des voutains recouvrant est ainsi compensé par l'arrière de la tribune qui repose dans le vide. Il fait appel à Egidio Babbeni, un ingénieur italien, pour arriver à réaliser son idée. Ce dernier utilise une technique de coffrage étanche en forme de voile dans lequel il fait couler du béton liquide.


Très-inspiré par l'art déco, Raoul Jourde inclut des éléments de ce style, notamment une grande arcade géométrique sur le boulevard Antoine-Gautier, un long "signal" blanc inspiré d'un bouchon de radiateur de voiture, des gouttières géométriques dont le sommet forme triangulaire rappelle les vasques d'un stade antique. Raoul Jourde utilise les mêmes sources d'inspiration pour le stade annexe : motifs géométriques, voutains de béton pour les gradins du mur de pelote basque, etc.



Les plans innovants de Jourde suscitent la méfiance du comité d'architectes de la ville qui multiplie des rapports d'expertise concernant la faisabilité du projet. Dabbeni change plusieurs fois les dimensions des voutains et le budget de construction explose, poussant Jourde à la démission. Il se fait remplacer dans la suite du projet par Jaques d'Welles. Le nom de Raoul Jourde ne sera pas même pas écrit sur la plaque inaugurative.

Si D'Welles ne modifie pas l'idée principale de son prédécesseur de faire des tribunes en béton couvertes sans piliers, il ajoute néanmoins quelques améliorations au projet : un deuxième "signal" est construit à l'entrée du stade annexe, et surtout, les escaliers d'accès se situent dorénavant à l'extérieur.



Les vases monumentaux situés dans la cour d'honneur du Parc Lescure sont l'œuvre du céramiste René Buthaud. Le Parc Lescure est inauguré le 12 juin 1938, à l'occasion du match de la Coupe du monde de football de 1938 qui oppose le Brésil à la Tchécoslovaquie, surnommé la « Bataille de Bordeaux », en raison de la rare violence de la rencontre.


Le Parc Lescure accueille plusieurs événements sportifs de la vie bordelaise : les arrivées du Tour de France, le premier titre de champion de France professionnel des Girondins en 1950, les phases finales du championnat de France de rugby, ou encore des matches de hockey sur gazon, voire de la boxe. Il fut aussi le théâtre, dès 1938, de grands matchs de rugby à XIII comme France-Galles et la finale du championnat de France en 1939 joués dans un stade comble. Puis ce sport, interdit par l'État français, y retrouva une belle place après la guerre, avec le club de Bordeaux XIII et de nombreux matchs internationaux joués devant 25 ou 30 000 spectateurs, avant de décliner progressivement à partir de 1960.

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Stade_Chaban-Delmas


Le stade municipal de Bordeaux est un monument complexe dont l’originalité technique et plastique, réside dans les couvertures des tribunes en porte-à-faux. Une prouesse à l’époque de sa construction en 1938.



Situé dans le nouveau quartier du Parc Lescure, le stade municipal reprend les dispositions architecturales de ses homologues français et européens, mais s’en distingue par l’architecture de ses tribunes.



Le quartier des coureurs, situé derrière le virage ouest du stade et dû à Raoul Jourde, privilégie le fonctionnalisme au détriment de toute souplesse architecturale.

Un parti que ne suit pas Jacques D’Welles, qui développe pour sa part un style d’une modernité référencée, ménageant quelques effets de volumes et habillant l’ensemble d’un porche monumental. Décidé à accorder une large place au décor, il place à l’entrée du stade des vases ornés par René Buthaud de figures d’athlètes nus inspirés de l’Antiquité gréco-romaine.

Pour sa part, l’ingénieur Dabbeni, au service de la société France et colonies, adjudicataire des travaux réduit la largeur de la portée des tribunes et la courbure des voûtes. Profitant de ce progrès technique, Raoul Jourde impose l’idée de cabines suspendues qui assurent la liaison entre les tribunes hautes et les tribunes basses.

En 1986, les pistes cyclables sont détruites et de nouveaux gradins élevés, altérant fortement le parti d’origine. La récente restauration de 1996 à 1998, par les architectes M. Moga, P. Teisseire et H. Touton, en vue de la Coupe du monde de football, amène certaines améliorations techniques.


En 2001, le stade Lescure est renommé Stade Chaban-Delmas en hommage à l’ancien maire de Bordeaux. Il accueille la célèbre équipe des Girondins de Bordeaux.

http://visites.aquitaine.fr/stade-municipal-chaban-delmas




Crèche et bains-douches à Bacalan (Bordeaux Bacalan) - Art Deco - 1930 et 1937


Le programme architectural et social lancé dans les années 1930 vise à moderniser la ville de Bordeaux et ses quartiers populaires dont celui de Bacalan. Les bains-douches en sont l’élément le plus remarquable.


Dans les années 1930, les quartiers populaires souffrent bien souvent de l’absence de structures sanitaires et sociales. La politique sociale de la municipalité s’incarne alors dans la construction d’édifices tels que les bains-douches où les habitants des logements populaires dépourvus du « confort moderne » peuvent librement accéder.


Pierre Ferret, chargé du projet en 1930, imagine de placer en parallèle deux pavillons : le premier réservé à la crèche et au dispensaire, le second aux bains-douches. Ils sont séparés par un jardin d’enfants établi dans l’axe de la place.


Son projet est soumis à l’approbation du comité des architectes-conseils à qui revient la réalisation du plan d’urbanisme engagé par Adrien Marquet, maire de Bordeaux.


À six reprises, Pierre Ferret se heurte au refus du comité qui lui impose de construire des bâtiments au « caractère moderne nettement affirmé afin de les situer dans le temps ». En fin de compte, il est difficile de discerner dans l’œuvre achevée la part de l’architecte qui a signé et celle des architectes-conseils.

Par la justesse de ses proportions, l’harmonie de ses lignes et la sobriété du décor, l’ensemble architectural de la place Adolphe-Buscaillet répond à l’idéal de modernisme mesuré caractéristique de l’architecture municipale bordelaise des années 1930.



http://visites.aquitaine.fr/bains-douches-de-bordeaux